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Passage

Marketing Associate

" La chaleur remontait du sol par nappes lentes.

Tout glissait.

 

Le chemin s’ouvrait un peu.

Entre les troncs,

la maison apparaissait par fragment.

 

Une clarté entre les branches.

Une ligne de mur.

Une ouverture sombre.

Sa sœur ralentissait.

 

C’était là.

 

Les deux filles s’arrêtaient.

Toujours au même endroit.

 

Le portail.

 

Il ne fermait rien.

Pas de chaîne.

Pas de verrou.

 

Le métal usé.

Plus clair à hauteur de main.

 

Isée s’arrêtait net.

Sa sœur regardait à peine.

 

— Ils mangent tard.

 

La lumière circulait à l’intérieur

sans se fixer.

 

Une nappe.

Un verre.

Une chaise.

 

Des passages.

Pas des choses.

 

L’air bougeait.

 

Une ombre.

Une table.

Plus loin.

Une silhouette.

 

Isée plissait les yeux.

Rien ne se détachait.

Le tissu.

Le bois.

La lumière.

Tout restait ensemble.

 

Sa sœur faisait un pas en arrière.

 

— On n’ira jamais là-dedans.

— Pourquoi ?

 

Sa sœur haussait les épaules.

 

— Parce que ce n’est pas chez nous.

 

Le mot tombait.

Chez.

 

— Moi, si.

 

Sa sœur se tournait entièrement vers elle.

Le visage rougi par la chaleur.

Les mèches collées aux tempes.

Une ligne plus claire sur la joue.

 

— Comment ?

— Pas besoin d’entrer. "



Extrait, Passage, Isabelle Asni

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